Vopalku

sur Bitoku
6,0
Nonobstant son titre "accrocheur", Bitoku dispose de bien d'autres atours affriolants : un thème à la "Princesse Mononoke" qui saura séduire les fans du Studio Ghibli, une direction artistique splendide, un matériel pléthorique et plus ergonomique que l'on ne pourrait le craindre.

Côté mécanique, les règles fleuves, certes joliment illustrées, noient le lecteur au sein d'une terminologie japonisante abondante, et finalement assez artificielle mécaniquement. De même, si j'apprécie toujours les efforts de thématisation, on se retrouve ici avec des paragraphes entiers, alors même que nous n'aurons finalement jamais réellement l'impression d'incarner un esprit. Bref, la prise de contact est tiède sur la forme. Sur le fond en revanche, on pressent déjà des idées intéressantes, avec 9 actions max sous 3 formes différentes, ainsi que des interactions et des combos potentiellement nombreuses.

Sans être parfaite, l'iconographie abondante permet de vite se repérer, l'aide de jeu individuelle de 4 pages restant fort appréciable. Les lieux, cartes, dés, pistes et jetons proposent de nombreux effets imbriqués, l'essentiel de la réflexion de chacun consistant dès lors à optimiser l'action jouée à chaque tour. Par nature, le jeu peut souffrir de temps morts liés aux choix des joueurs, d'autant plus désagréables lorsque l'on sait déjà précisément quoi faire durant ses 3 prochains tours.

Pourtant, les phases et les tours s'enchaînent pendant plus de 2h avec plaisir, la découverte laissant vite place à la recherche de la combo idéale. Hélas, le principal reproche que je formulerais à l'encontre de Bitoku pourrait être perçu comme une qualité : quoi que l'on fasse, on a toujours une option pour s'en sortir. D'ailleurs, cela se traduit par des scores finaux ridiculement serrés, alors que très élevés, malgré des choix de développement très différents. En bref, et cela peut paraître paradoxal : le jeu est tellement ouvert et équilibré... qu'il en perd beaucoup de saveur.

Au final, j'ai vraiment apprécié de découvrir Bitoku auquel je reconnais de nombreuses qualités, malheureusement insuffisantes pour compenser le manque de tension et d'implication ressentis. Mais pas d'inquiétude : le Grand Esprit a d'ores et déjà trouvé un nouveau foyer d'adoption, que j'espère plus enthousiaste !

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