Ôde à la concurrence

10,0
Après 6 parties à 2 et 4 joueurs, je n'ai pas encore eu le plaisir d'expérimenter les voyages temporels en administrant une modeste échoppe de chronomancien. Pour autant, fort d'expériences variées à la tête d'une auberge, d'un labo d'alchimie, d'une forge, d'un navire chasseur de trésors, d'un ranch de dragons ou bien encore d'une honnête affaire de cartomancie, je peux d'ores et déjà mesurer la richesse de cette fameuse Baie des Marchands.

Dans ce jeu, les commerçants rivalisent en vue de retirer un maximum de bénéfices de la poche des aventuriers venus se ravitailler. Pour cela, quelques mécaniques communes simples permettent de gérer les flux d'acheteurs potentiels sur les quais, associées à des mécaniques spécifiques à chaque boutique, tout aussi accessibles, offrant la possibilité de proposer sur son étal des marchandises adaptées aux attentes. Cette concordance entre offre et demande passe par 4 couleurs (d'aventuriers et d'objets) et 2 tailles (correspondant à tel ou tel quai).

A l'usage, l'équilibre paraît étonnamment efficace, que ce soit en termes de puissance des divers épiciers, ou d'imbrication des mécaniques. La rejouabilité est également à l'honneur, de par la multiplicité des rôles bien sûr, mais aussi grâce aux différents modules de la "Cache secrète"... dont on peut toutefois regretter qu'elle doive faire l'objet d'un achat séparé. En complément, l'univers graphique concourt à l'immersion dans cette course aux clients et se décline de façon fort cohérente dans les spécificités des marchands, dont on appréciera les approches nettement différenciées. Il en résulte des dynamiques et difficultés de maîtrise hétérogènes, vraie force à mes yeux car cela permet à chacun de trouver son compte.

Un bémol, financier - donc thématique, ils sont forts quand même - : l'acquisition de l'ensemble des extensions paraît nécessaire à une expérience optimale, moyennant un prix conséquent.

Pour autant, face à tant de plaisir ludique, à la Baie je dis "amen" !

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